ANTRAPRESSE
Association Nationale des Travailleurs des métiers de la Presse

 

mercredi 7 décembre 2005
 

Une association
pour quoi faire ?


8:02:02 PM    

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FAUSSE PISTE

La Direction a transmis lundi 5 décembre, vers 19 heures, un document (voir ci-dessous) censé éclairer la nouvelle piste que le directeur de projet semblait avoir esquissée lors de la rencontre du 29 novembre.
C’est sur cette base qu’une nouvelle réunion NSE s’est tenue, mardi 6 décembre avec la Direction et les représentants des organisations syndicales CGT, CFDT et UFICT-LC CGT.
Force est de constater que la Direction remet en cause ce qu’elle a paritairement convenu le 28 juin dans l’accord d’étape. En effet, elle s’évertue à tenter d’imposer l’état d’esprit dans lequel elle nous explique avoir signé les termes de cet accord en s’appuyant sur les arguments qu’elle avait utilisés au cours de la négociation et qui n’ont finalement pas été retenus.
Ce n’est pas sa notion d’« ajustement » qui a été actée paritairement mais bien la réalisation des pages locales de correspondants et pages services par les techniciens d’édition. Accord prévoyant qu’il reste à définir paritairement les conditions et les règles dans lesquelles les techniciens d’éditions pourront intervenir, sur délégation de la rédaction, dans les contenus – à l’exception à Sud Ouest de la copie de journalistes professionnels.  
En comparaison, c’est comme si la délégation syndicale tentait de négocier dorénavant non pas sur la base de l’accord d’étape mais sur celle de l’éditeur-réalisateur. Ce n’est évidemment pas le cas, le compromis établi à Sud Ouest, le 28 juin, porte bien sur une nouvelle qualification de technicien d’édition en charge de la réalisation d’un certain nombre de pages.
La proposition de la Direction consiste à faire acter, qu’au minimum, le SE réalise la moitié de la page revenant au TE en plaçant, dans la page, les têtes de pages voire plus avec les textes et photos des articles politiques, économiques, faits divers et actualité importante.
Autrement dit, le TE serait cantonné à la portion congrue consistant à ajuster à l’espace restant, les autres textes et photos (s’il y en a !).
On est loin de la définition d’une nouvelle qualification de technicien d’édition qui se trouve ainsi vidée de tout contenu pérenne.
S’il en était besoin, la preuve flagrante de cette marginalisation est confirmée lorsque la Direction indique, qu’en cas d’absence ou de manque d’effectif de TE c’est… le SE qui assumerait la réalisation des pages.

Pour infos : à ce stade, la Direction propose 3 TE inscrits dans les agences d’Agen (2 éditions), de Mont-de-Marsan (2 éditions), Périgueux (2 éditions), Pau (1 édition), Bayonne (1 édition), Angoulême (1 édition), Auch (1 édition) et 4 TE inscrits à La Rochelle (4 éditions) soit un total de 25 TE. Pour Bordeaux, elle annonce 10 TE inscrits (8 éditions).

On peut même imaginer, sans trop faire de « social-fiction » qu’en période d’été, où le manque de TE serait le plus criant et où celui des SE le serait encore plus, ce sont des CDD, stagiaires ou autres précaires à statut journaliste, qui se trouveraient en charge de la réalisation des pages.
Autrement dit, aucune pérennité mais accroissement de la précarité.
Doit-on accepter que l’introduction d’un nouvel outil plus « moderne » ait pour corollaire la dégradation des métiers et des conditions sociales ?
Est-ce cela « la modernisation sociale » des entreprises de presse ?
La délégation syndicale et les salariés du prépresse ne le pensent pas. C’est bien pour cette raison qu’ils ont décidé d’arrêts de travail dans la nuit du 6 et la journée du 7 décembre.
Nous pensons que la Direction doit se conformer à l’accord d’étape et accepte enfin de négocier sur la base de ce qui a été paritairement convenu.
C’est à nouveau l’état d’esprit qui animera la délégation syndicale lors de la nouvelle rencontre prévue le vendredi 9 décembre.
***
Quel crédit accorder aux communiqués de la Direction quand les deux derniers se contredisent de la sorte ?

Le 30/11/2005 : « Une relecture attentive, par les délégués syndicaux, du texte remis le 15 novembre par la Direction, sur la fonction de technicien d’édition leur a permis de mieux appréhender le réel contenu de travail proposé au sein de la communauté constituée avec le secrétaire d’édition. Cette « piste », qui n’est pas nouvelle, sera approfondie au cours de prochaines réunions. »
Le 7 /12/2005 : « Ce recours dévoyé à la grève intervient à la suite d’une réunion au cours de laquelle la Direction a fait de nouvelles propositions à la Filpac-CGT.»





Hypothèse de mode opératoire au sein des communautés de travail des différentes éditions*
Cette hypothèse ne recouvre donc, pour le moment, que les pages locales
ne contenant que de la copie de correspondant**


Proposition de la Direction Commentaires de la délégation syndicale
PHASE 1
Dans le répertoire
géographique
CORRESPONDANT
Les textes numérisés et photos se classent automatiquement dans un répertoire géographique.
OK
PHASE 2
Dans le répertoire
« Page menu »
SECRETAIRE D’EDITION
Le SE sélectionne les textes et photos qu’il veut publier.
OK
PHASE 3
Dans le répertoire
« Page menu »
TECHNICIEN D’EDITION
Pour les textes sélectionnés par le SE,  le TE assure :
- la mise aux normes des textes numérisés,
- la saisie des textes papier résiduels et leur mise aux normes.
OK, mais il doit pouvoir mettre aux normes, par avance, des textes
qui seront publiés ultérieurement.
PHASE 4
Dans la page
SECRETAIRE D’EDITION
Le SE ouvre la page et choisit la structure qu’il souhaite en traitant les têtes de page ainsi que les textes et photos des articles politiques, économiques, faits divers et actualité importante.
NON. Cette phase anéantit
la réalisation de la page par le TE.
Elle ouvre la perspective
de la marginalisation du TE.
PHASE 5
Dans le mode « Avance »
SECRETAIRE D’EDITION
Le SE procède à l’éditing des autres textes.
Il donne les indications de hiérarchisation dans le champ « Remarque ».
Le SE doit procéder à l’éditing de tous les textes qu’il souhaite publier et le champ « Remarque » est un moyen de communication entre SE et TE en plus du dialogue naturel que suppose la communauté de travail.
PHASE 6
Dans la page
TECHNICIEN D’EDITION
Le TE assemble ensuite les autres éléments de la page en fonction des indications données par le SE.
Le TE doit assembler l’ensemble des éléments de la page en fonction des indications données par la SE et les règles établies paritairement sur les textes sensibles (politiques, économiques, faits divers et actualité importante).
PHASE 7
Dans la page
TECHNICIEN D’EDITION
Pour réaliser la page, le TE doit ajuster à l’espace restant ces photos et ces textes (cf. phase 6). Il peut, en tant que de besoin et en dialogue avec le SE, intervenir dans cette copie pour adapter la titraille et  la longueur du texte.
Il peut dans ces conditions, en tant que de besoin et en dialogue avec le SE, intervenir dans les copies non sensibles.
PHASE 8
Dans la page
SECRETAIRE D’EDITION
Le SE vérifie la page terminée.
A ce stade, il peut intervenir dans la page sur l’ensemble des contenus (par ex. pour modifier un titre ou une légende, recadrer une photo).
Il donne le BAT éditorial.
OK

* En gras et romain la proposition de la Direction
** En italique les commentaires de la délégation syndicale

Bordeaux le 7 décembre 2005


Après les 2 heures d’arrêt des mardi 29 et mercredi 30 novembre, ce sont 3 h 30 d’arrêt les 6 et 7 décembre qui ont été observés au prépresse. Seules 3 éditions ont été fabriquées sur les 22 de Sud Ouest.

7:59:52 PM    

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PQR : déclaration FILPAC CGT


Le 1er décembre, le patronat de la PQR prétend avoir obtenu du gouvernement un décret portant sur les suppressions d’emplois par licenciement économique, à 55 ans en général, mais dès l’âge de 50 ans pour, selon lui, des cas exceptionnels qui, à l’évidence, seraient généralisables dans tous les cas de figure, fusion-acquisition ou gestion libérale du personnel.  Ce décret verrait le jour avant Noël. Sans l’attendre, le SPQR acte unilatéralement la mort de l’accord du 27 juin fondé sur la CAATS, c’est-à-dire une suspension du contrat de travail. Pour la FILPAC CGT et son secteur presse, réuni le 6 décembre, cela est inacceptable. En quoi la nécessaire défense de la presse écrite passe-t-elle par des licenciements économiques massifs, payés par le contribuable ?

Pour la FILPAC CGT, dans le cadre de la « Déclaration commune », il s’agit, dans les jours qui viennent, d’exiger du patronat, entreprise par entreprise, en vue du rendez-vous du 12 décembre, l’ouverture de négociations sur la création d’emplois répondant aux nouvelles qualifications déduites des procédés actuels de réalisation des titres. Les négociations doivent, à l’échelle de l’entreprise,  comme au plan national, porter sur les points suivants :
  • grilles de classification tenant compte des nouveaux espaces professionnels et des qualifications s’y rattachant ;
  • emplois et statuts correspondants ;
  • nouvelles organisations du travail ;
  • formation professionnelle adaptée à ces impératifs.

Face à un patronat du SPQR dont la seule ambition éditoriale consiste à réduire les frais de personnel, le secteur fédéral de la presse du 6 décembre, avec la FILPAC, propose :
  • Que d’ici au 12 décembre, date de la prochaine réunion avec le SPQR, se tiennent dans toutes les entreprises des assemblées générales qui exigent l’ouverture de négociations sur l’emploi qualifié et son évolution dans le cadre des nouveaux espaces professionnels.
  • Que le 12 décembre soit considéré comme un rendez-vous national où il sera vérifié que les besoins en nouvelles qualifications sont identifiés et satisfaits, que les critères communs contenus dans la « déclaration commune » soient respectés par les parties en présence.
  • Que les éditeurs adhérents au SPQR recensent paritairement les besoins en main d’œuvre qualifiée, et qu’ils renoncent à leur intention de faire partir par licenciement économique, à 50 ans, sans garantie de couverture sociale, quelque 3 000 salariés dans les 4 années à venir.

Il s’agit bien pour la FILPAC CGT d’opposer la défense de l’emploi et la promotion de la presse écrite à la volonté patronale de procéder à des destructions massives d’emplois, qu’ils soient préventifs avant cession ou acquisition de titres, ou qu’ils soient commandités par des actionnaires à l’appétit insatiable. Nous sommes loin d’un dispositif de « départs anticipés » ajustant les effectifs autour des nouvelles qualifications et  organisations du travail et de la gestion de fin de carrière des salariés les plus âgés. Les salariés doivent être informés par la FILPAC CGT des prétentions patronales. Pour un salarié, le départ d’une entreprise ne doit pas être une aventure, soumise aux aléas des régressions programmées de la protection sociale. L’emploi des jeunes doit être au cœur de la démarche fédérale, et le départ des anciens  doit être aussi envisagé sous l’angle de créations préalables de postes qualifiés, sûrs et reconnus nationalement.
Selon les réponses d’entreprises et de la délégation du SPQR le 12 décembre, il sera sans doute nécessaire que des dispositions soient prises pour rassembler à Paris, le 16 décembre, tous les salariés soucieux que la trêve des confiseurs ne soit pas exploitée contre l’emploi en presse régionale.

Montreuil, le 6 décembre 2005

1:31:43 PM    


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