
FAUSSE PISTE
La Direction a transmis lundi 5 décembre, vers 19 heures, un
document (voir ci-dessous)
censé éclairer la nouvelle piste que le directeur
de projet semblait avoir esquissée lors de la rencontre du
29 novembre.
C’est sur cette base qu’une nouvelle
réunion NSE s’est tenue, mardi 6
décembre avec la Direction et les représentants
des organisations syndicales CGT, CFDT et UFICT-LC CGT.
Force est de constater que la Direction remet en cause ce
qu’elle a paritairement convenu le
28 juin dans l’accord d’étape.
En effet, elle s’évertue à tenter
d’imposer l’état d’esprit dans
lequel elle nous explique avoir signé les termes de cet
accord en s’appuyant sur les arguments qu’elle
avait utilisés au cours de la négociation et qui
n’ont finalement pas été retenus.
Ce n’est pas sa notion d’« ajustement
» qui a été actée
paritairement mais bien la réalisation des pages locales de
correspondants et pages services par les techniciens
d’édition. Accord prévoyant
qu’il reste à définir paritairement les
conditions et les règles dans lesquelles les techniciens
d’éditions pourront intervenir, sur
délégation de la rédaction, dans les
contenus – à l’exception à
Sud Ouest de la copie de journalistes professionnels.
En comparaison, c’est comme si la
délégation syndicale tentait de
négocier dorénavant non pas sur la base de
l’accord d’étape mais sur celle de
l’éditeur-réalisateur. Ce
n’est évidemment pas le cas, le compromis
établi à Sud Ouest, le 28 juin, porte bien sur
une nouvelle qualification de technicien d’édition
en charge de la réalisation d’un certain nombre de
pages.
La proposition de la Direction consiste à faire acter,
qu’au minimum, le SE réalise la moitié
de la page revenant au TE en plaçant, dans la page, les
têtes de pages voire plus avec les textes et photos des
articles politiques, économiques, faits divers et
actualité importante.
Autrement dit, le TE serait cantonné à la portion
congrue consistant à ajuster à l’espace
restant, les autres textes et photos (s’il y en a !).
On est loin de la définition d’une nouvelle
qualification de technicien d’édition qui se
trouve ainsi vidée de tout contenu pérenne.
S’il en était besoin, la preuve flagrante de cette
marginalisation est confirmée lorsque la Direction indique,
qu’en cas d’absence ou de manque
d’effectif de TE c’est… le SE qui
assumerait la réalisation des pages.
| Pour
infos : à ce stade, la Direction propose 3 TE
inscrits dans les
agences d’Agen (2 éditions), de Mont-de-Marsan (2
éditions), Périgueux
(2 éditions), Pau (1 édition), Bayonne (1
édition), Angoulême (1
édition), Auch (1 édition) et 4 TE inscrits
à La Rochelle (4 éditions)
soit un total de 25 TE. Pour Bordeaux, elle annonce 10 TE inscrits (8
éditions). |
On peut même imaginer, sans trop faire de «
social-fiction » qu’en période
d’été, où le manque de TE
serait le plus criant et où celui des SE le serait encore
plus, ce sont des CDD, stagiaires ou autres précaires
à statut journaliste, qui se trouveraient en charge de la
réalisation des pages.
Autrement dit, aucune pérennité mais
accroissement de la précarité.
Doit-on accepter que l’introduction d’un nouvel
outil plus « moderne » ait pour corollaire la
dégradation des métiers et des conditions
sociales ?
Est-ce cela « la modernisation sociale » des
entreprises de presse ?
La délégation syndicale et les
salariés du prépresse ne le pensent pas.
C’est bien pour cette raison qu’ils ont
décidé d’arrêts de travail
dans la nuit du 6 et la journée du 7 décembre.
Nous pensons que la Direction doit se conformer à
l’accord d’étape et accepte enfin de
négocier sur la base de ce qui a été
paritairement convenu.
C’est à nouveau l’état
d’esprit qui animera la délégation
syndicale lors de la nouvelle rencontre prévue le vendredi 9
décembre.
***
Quel
crédit accorder aux communiqués de la Direction
quand les deux derniers se contredisent de la sorte ?
Le 30/11/2005
: « Une relecture attentive, par les
délégués syndicaux, du texte remis le
15 novembre par la Direction, sur la fonction de technicien
d’édition leur a permis de mieux
appréhender le réel contenu de travail
proposé au sein de la communauté
constituée avec le secrétaire
d’édition. Cette « piste »,
qui n’est pas nouvelle, sera approfondie au cours de
prochaines réunions. »
Le 7 /12/2005
: « Ce recours dévoyé à la
grève intervient à la suite d’une
réunion au cours de laquelle la Direction a fait de
nouvelles propositions à la Filpac-CGT.»
Hypothèse de mode
opératoire au sein des communautés de travail des
différentes éditions*
Cette hypothèse ne recouvre donc, pour le moment, que les
pages locales
ne contenant que de la copie de correspondant **
|
Proposition de la
Direction |
Commentaires
de la délégation syndicale |
PHASE 1
Dans le
répertoire
géographique
|
CORRESPONDANT
Les
textes numérisés et photos se classent
automatiquement dans un répertoire géographique.
|
OK |
PHASE 2
Dans le
répertoire
« Page
menu »
|
SECRETAIRE D’EDITION
Le SE
sélectionne les textes et photos qu’il veut
publier.
|
OK |
|
PHASE 3
Dans le
répertoire
« Page
menu »
|
TECHNICIEN D’EDITION
Pour les textes sélectionnés par le SE,
le TE assure :
- la mise aux normes des textes numérisés,
- la saisie des textes papier résiduels et leur mise aux
normes.
|
OK, mais il doit pouvoir mettre
aux normes, par avance, des textes
qui seront
publiés ultérieurement.
|
PHASE 4
Dans la page
|
SECRETAIRE D’EDITION
Le
SE ouvre la page et choisit la structure qu’il souhaite en
traitant les
têtes de page ainsi que les textes et photos des articles
politiques,
économiques, faits divers et actualité importante.
|
NON.
Cette phase anéantit
la réalisation de la page par le TE.
Elle ouvre la perspective
de la marginalisation du TE.
|
PHASE 5
Dans le mode
« Avance »
|
SECRETAIRE D’EDITION
Le SE procède à l’éditing
des autres textes.
Il donne les indications de hiérarchisation dans le champ
« Remarque ».
|
Le
SE doit procéder à l’éditing
de tous les textes qu’il souhaite publier
et le champ « Remarque » est un moyen de
communication entre SE et TE
en plus du dialogue naturel que suppose la communauté de
travail. |
|
PHASE 6
Dans la page
|
TECHNICIEN D’EDITION
Le TE assemble ensuite les autres éléments de la
page en fonction des indications données par le SE.
|
Le
TE doit assembler l’ensemble des
éléments de la page en fonction des
indications données par la SE et les règles
établies paritairement sur
les textes sensibles (politiques, économiques, faits divers
et
actualité importante). |
PHASE 7
Dans la page
|
TECHNICIEN D’EDITION
Pour
réaliser la page, le TE doit ajuster à
l’espace restant ces photos et
ces textes (cf. phase 6). Il peut, en tant que de besoin et en dialogue
avec le SE, intervenir dans cette copie pour adapter la titraille
et
la longueur du texte.
|
Il peut dans ces conditions, en
tant que de besoin et en dialogue avec le SE, intervenir dans les
copies non sensibles. |
|
PHASE
8
Dans la page
|
SECRETAIRE D’EDITION
Le SE vérifie la page terminée.
A
ce stade, il peut intervenir dans la page sur l’ensemble des
contenus
(par ex. pour modifier un titre ou une légende, recadrer une
photo).
Il donne le BAT éditorial.
|
OK |
* En gras et romain la proposition de la Direction
** En italique les commentaires de la délégation
syndicale
Bordeaux
le 7 décembre 2005
Après
les 2 heures d’arrêt des mardi 29 et mercredi 30
novembre, ce sont 3 h 30 d’arrêt les 6 et 7
décembre qui ont été
observés au prépresse. Seules 3
éditions ont été fabriquées
sur les 22 de Sud Ouest.
7:59:52 PM
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