
Le Figaro doit rester
éditeur et
imprimeur
Quelle obscure raison
conduirait-elle M. Francis Morel, représentant de
l’actionnaire M. Serge Dassault, à priver le
Figaro de ses moyens d’impression propres ? Il semble
qu’au siège du journal, le 14 décembre,
M. Morel ait fait un pas en ce sens, malgré ses engagements
de janvier 2005.
La FILPAC CGT ne voit pas pourquoi un titre aussi important que Le
Figaro s’en remettrait à quiconque pour exercer
son métier traditionnel
d’éditeur-imprimeur.
Le Figaro a les moyens et le devoir d’assurer sa vocation de
titre quotidien généraliste
d’information, fût-ce au détriment
d’opérations industrielles profitant à
des tiers imprimeurs, prompts à capter n’importe
quelle charge de travail sans la garantie du respect de la nature
particulière de la presse quotidienne.
S’agissant de France Soir, qu’il faut sauver, ce
genre de manoeuvres autour de l’imprimerie a
coûté cher au titre lâché par
la Socpresse.
Il semble de plus que le projet de M. Morel concerne
également l’impression
décentralisée de la presse quotidienne nationale.
Il s’agirait de fournir au même imprimeur dominant
l’occasion d’asseoir son emprise nationale par
l’octroi d’un nouveau centre dans le Sud. Ce qui
déstabiliserait un peu plus les moyens
coopératifs d’impression de la PQN.
L’avenir des salariés des centres
régionaux d’impression serait alors en question,
ce qui est inacceptable pour la FILPAC CGT, car l’accord les
concernant n’est vieux que de deux ans et était
censé leur garantir la pérennité de
leurs emplois.
M. Morel serait-il chargé de porter l’estocade au
système coopératif dont toute la PQN a
profité depuis des décennies, ce qui priverait
les éditeurs les plus petits d’un outil
indispensable leur servant à traiter en bonne condition avec
les opérateurs ?
Pour la FILPAC CGT, le groupe Figaro doit continuer, tant à
Paris qu’en province, à être
maître de la réalisation de son titre phare, tout
en procédant aux évolutions
nécessaires, qui doivent être guidées
par la reconquête du lectorat et la satisfaction de ses
attentes.
M. Morel ne doit en aucun cas devenir le pourvoyeur de quelque
maître prédateur que ce soit. Le Figaro doit
conserver, tant à Paris qu’en province, ses moyens
propres d’impression.
La stratégie industrielle doit être
subordonnée à la défense et la
promotion de la presse écrite.
Montreuil,
le 16 décembre 2005
11:44:36 AM
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