Monsieur
Colin,
ne tournez pas le dos au dialogue social
Ce 17 novembre, à Chassieu, devait être un moment
de négociations. Nous, FILPAC CGT tant nationale que de
toutes les sociétés du groupe EBRA, nous voulions
de la transparence, de la méthode, du dialogue, de la
négociation sur la stratégie du groupe. Au moment
de concrétiser cette méthode de dialogue pour
faire aboutir un principe de négociations centrales,
respectant en outre l’accord de méthode de la
presse quotidienne régionale, nous avons assisté
à votre départ, manifestement stimulé
par l’intervention d’un de vos
subordonnés lyonnais.
Votre
position sur l’ensemble du groupe
Avant cette sortie, vous aviez éclairé votre
stratégie. Si la diversité des titres sera
respectée, avec le souci de l’information de
proximité, vous avez mis l’accent sur la
montée en puissance de pages communes.
« Externaliser » n’est pas dans votre
vocabulaire, vous lui préférez «
centraliser » :
- Les achats, notamment de papier,
- La régie publicitaire extralocale,
- L’administration et la comptabilité,
- Le centre informatique.
Voilà pour cette dynamique de centralisation dont il faudra
évaluer en particulier les conséquences sociales.
Deux points principaux ont fait l’objet de
développements particuliers de votre part.
L’impression, pour vous, est faite de la fermeture du centre
de Saint-Etienne, à l’horizon d’octobre
2007. Les investissements en encrage et tours concernent Veurey et
Chassieu, à hauteur de 9 millions, pour une
échéance opérationnelle en juin 2007.
Les moyens d’impression devront accueillir des travaux
aujourd’hui sous-traités et des travaux nouveaux
visant à ouvrir sur l’extérieur la
charge de travail.
Les sièges éditoriaux (vous confirmez au passage
la concentration en une société unique celles
existant autour du Dauphiné libéré)
verront s’installer un système informatique unique
correspondant à votre souhait de passer au « tout
rédactionnel ».
L’accord à cet égard passé
à l’Est républicain avec un seul
syndicat de journalistes relève d’après
vous de l’existence du pluralisme syndical que vous traitez
de cette manière…
Pour répondre d’une autre manière
à la CGT du Progrès, vous ordonnez à
votre subordonné à la tête de ce titre
de dénoncer la quasi-totalité des accords
passés avec elle. Une dialectique
dénonciation-négociation des accords
réservée à la FILPAC, donc.
Notre
position
Au nom de la responsabilité qui vous incombe en tant que
premier groupe de presse français, nous vous avions
appelé à traiter les mutations en cours de
façon exemplaire, s’agissant des efforts de
relance éditoriale, par delà
l’inégalité de situation des titres.
Pour cela nous vous demandions d’éclairer la
stratégie du groupe. Rappelant les termes de la Charte des
délégués FILPAC CGT du groupe EBRA et
l’accord national de méthode, nous faisions
état d’un fort mécontentement et de
bien des interrogations concernant :
- L’utilité et la fonction
réelle de la dénonciation des accords au
Progrès,
- La restructuration du Dauphiné et de ses
sociétés,
- Le sort réservé à
l’imprimerie Rhône Offset Presse,
- La fermeture de Saint-Etienne, que nous refusons,
- L’obscurité régnant sur la
carte des imprimeries du groupe,
- La signature juste avant la présente
réunion d’un accord séparé
à l’Est républicain,
- Le traitement à venir du secteur des
administratifs,
- La mise en place des matériels informatiques
dans le prépresse et ses conséquences.
Nous assortissions notre demande d’une proposition de
méthode de négociations centralisées
et coordonnées à l’échelle
du groupe, ce qui n’exclut pas des négociations
parallèlement menées en entreprise. Trois
commissions à l’échelon du groupe
seraient ainsi créées, suivi des
négociations, prépresse, impression.
L’écart est grand, mais si la volonté
de négocier existe, il est susceptible de se
réduire avec une méthode loyale de
négociations.
Et
maintenant ?
L’échéance du 17 novembre
passée, à vous de nous indiquer dans les
délais les meilleurs vos intentions sur ces
négociations centralisées.
Il vous appartient de nous tourner le dos ou de nous traiter en
partenaires sociaux, certes exigeants, mais fidèles aux
engagements qu’ils prennent.
Nous ne nous autorisons pas à supputer sur les raisons de
votre départ de la réunion, car votre
réponse incessante nous fournira la meilleure explication :
soit une volonté rapide de renouer le dialogue social, soit
la tentation de passer en force.
Nos équipes syndicales sont prêtes à
assumer toutes les situations, à commencer par celle
où votre réponse tarderait.
Dans l’attente de votre réponse, que nous
espérons positive eu égard à
l’incertitude et au mécontentement qui
règnent dans les sociétés du groupe,
nous vous prions de recevoir nos salutations les meilleures.