ANTRAPRESSE
Association Nationale des Travailleurs des métiers de la Presse

 

 mercredi 20 décembre 2006




                                                               

Malgré une longue entrevue avec la Direction générale de GSO et de SAPESO, l’ensemble
des organisations syndicales n’a pu, à ce jour, obtenir de garanties solides pour l’avenir

NOUS N’AVONS PAS ETE ENTENDUS

A la suite de la forte mobilisation intersyndicale et intercatégorielle de jeudi 14 décembre (NCI) et de vendredi 15 décembre (siège), les organisations syndicales ont obtenu un rendez-vous, lundi 18 décembre avec la Direction générale du Groupe.

La délégation syndicale était composée de Serge AUDONNET et Robert ARHEX (FILPAC-CGT), Serge GABORIT (CFDT), Gilbert GAVELLO (FO), Claude PETIT (SNJ), Patrick FAURE (SNJ-CGT), François PASQUALINOTTO (UFICT LC-CGT), Jacques DIEU et Philippe SARRAZIN (CGC).

***

Finalement, vendredi 15 décembre le Conseil de surveillance de GSO (groupe Sud Ouest) a adopté le principe de création d’une Société Civile Immobilière dont le capital serait pour le moment détenu à 100 % par GSO afin de déposer le permis de construire avant le 31 décembre. Le Conseil s’est a priori engagé à ouvrir le capital de la SCI à la SAPESO à hauteur de 50 % lorsque le Comité d’entreprise aura été informé et consulté sur ce montage financier. Pour mémoire, l’Amicale des journalistes avait proposé préalablement un partage du capital de la SCI proportionnel à l’occupation des futurs locaux entre SAPESO et GSO, soit 90 % pour SAPESO et 10 % pour GSO.

La décision du Conseil ne répond donc pas à la préoccupation des salariés puisque, dans ce cas de figure, la SAPESO passerait d’un patrimoine immobilier détenu à 100 % à un immeuble détenu à 50 %. Les organisations syndicales ont fait part de leur désaccord unanime quant à cette répartition.

Le second volet de ce dossier porte sur les sommes appartenant à SAPESO et que GSO a bien l’intention de s’approprier sous forme de dividendes. De quoi s’agit-il ?

Tout d’abord de la trésorerie de la SAJIG (actuelle société immobilière détenue par SAPESO) qui se monte à 11 millions d’euros. Sa prochaine dissolution devrait faire remonter cette trésorerie vers SAPESO. Puis, lorsque la vente des immeubles du quadrilatère «Cheverus » sera effective, la SAPESO doit encaisser le montant de cette vente soit environ 20 millions d’euros.

Ce sont donc plus de 30 millions d’euros de trésorerie « exceptionnelle » dont la SAPESO va se trouver dotée.

A cela il faut ajouter les 20 millions d’euros de trésorerie que détient à ce jour la SAPESO.

Au total 51 millions d’euros qui, si nous ne nous en préoccupons pas, vont être, pour une grande part, reversés à GSO sous forme de dividendes.

Les organisations syndicales ont donc revendiqué l’obtention de garanties sur l’utilisation de ces sommes pour le développement de SAPESO à court et moyen terme. On ne peut indéfiniment nous rabâcher les difficultés de la presse écrite et ne pas laisser demain à notre entreprise tous ses moyens financiers.

Hélas, la Direction du Groupe ne veut pas entrer dans cette logique car elle considère que GSO n’a jamais empêché la SAPESO de réaliser les investissements dont elle avait besoin et qu’il n’y a aucune raison que cela change demain.

Sauf que jusqu’à ce jour, SAPESO a toujours autofinancé la totalité de ses investissements et n’a jamais eu besoin de GSO pour cela. A contrario, la SAPESO, qui est à l’origine du Groupe Sud Ouest, a très largement participé au financement de son développement.

Enfin, il suffit de regarder la pratique de versement des dividendes de SAPESO vers GSO (voir au verso) pour comprendre qu’ils ne sont en rien proportionnels aux résultats de l’entreprise.


L’ensemble des organisations syndicales a donc décidé de réunir à nouveau les salariés
afin de faire le point sur la situation et d’envisager les suites à donner.
JEUDI 21 DECEMBRE 2006
Pour le personnel du siège et NCI de jour à 14 heures
AU « MUSEE » (ascenseur Péchade, 1er étage)
Pour le personnel du NCI de nuit à minuit
SUR LE SITE DU CENTRE D’IMPRESSION
Bordeaux le 19 décembre 2006



Quelques chiffres...



DES DIVIDENDES VERSES SANS RAPPORT AVEC LES RESULTATS DE SAPESO
2001 2002 2003 2004 2005 2006
Résultat courant
SAPESO
1,2 M€ - 4,3 M€ 2,1 M€ 2,2 M€ 0,4 M€ - 6 M€
(Prévisonnel)
Dividendes versés au titre
de l'exercice précédent*
1,529 M€ 1,901 M€ 0 3,696 M€ 2,376 M€ 1,144 M€
Participation
des salariés aux bénéfices
0,161 M€
(versé en 2007)
0
(versé en 2007)
0
(versé en 2007)
0
(versé en 2007)
0
(versé en 2007)
0
(versé en 2007)
* Exemple : En 2002, la SAPESO a versé 1,901 million d’euros de dividendes à GSO au titre des résultats de 2001 qui se montaient à 1,2 millions d’euros. Pour 2000, le résultat courant était de 8,897 M€


On voit qu’en 2003, il n’y a pas eu de dividendes versés au titre de l’année 2002 qui était déficitaire. Mais dès l’année suivante, GSO s’est largement rattrapée en prenant des dividendes sur les réserves de SAPESO.
On ignore aujourd’hui si des dividendes seront versés à GSO en 2007 au titre des résultats prévisionnels négatifs 2006 de SAPESO. En tout état de cause, l’arrivée importante de trésorerie à SAPESO dans le cadre de la vente des immeubles et de la dissolution de la SAJIG est une aubaine que GSO n’entend pas laisser passer.

***


UN PEU D’HISTOIRE
Le 8 novembre 1989, le Comité d’entreprise était informé d’un projet de prise de participation du Groupe Sud Ouest dans le groupe de presse espagnol Bilbao Editorial (6 %). Cette dernière devait se faire par le biais de la société Atlanpresse détenue à cette époque à 40 % par la SAPESO. L’opération, d’un montant de 47 millions de francs, nécessitait un apport financier des différents actionnaires d’Atlanpresse pour 41,9 millions de francs, le reste (5,5 millions de francs) étant emprunté par GSO.

Extrait
de la revue
CHALLENGES
du 30 novembre 2006
La cotation à Madrid du groupe Vocento, le 9 novembre 2006, permet au français Sud Ouest de valoriser sa participation de près de 6 % dans l'éditeur espagnol, à environ 130 millions d'euros.
Ainsi, la SAPESO fut mise à contribution à hauteur de 23,9 millions de francs. Charente Libre et La République des Pyrénées amenant chacun 0,9 million de francs. A l’issue de cette opération, la SAPESO détenait 48 % d’Atlanpresse (25,71 % pour la Charente Libre et 25,70 % pour La République des Pyrénées).

Où en est-on aujourd’hui ?
Au fil des ans, au vu du fort développement de ce groupe de presse espagnol, aujourd’hui appelé VOCENTO, le groupe Sud Ouest a racheté leurs parts aux différentes sociétés composant Atlanpresse.
Aujourd’hui, SAPESO ne détient plus que 11 % d’Atlanpresse et GSO les 89 % restants.

138 fois la mise en 16 ans !
Comme on peut le voir ci-contre, les 47 millions de francs ont fait des petits puisqu’il sont aujourd’hui estimés à la bourse de Madrid à 130 millions d’euros (soit 852 millions de francs) et c’est GSO qui avec un apport initial (par emprunt de 5,5 millions de francs) fait la bonne opération car elle détient aujourd’hui 89 % de 130 millions d’euros soit environ 116 millions d’euros (760 millions de francs).

Malgré cela, GSO prétend, par principe, ne pas s’engager à laisser à la SAPESO la jouissance de l’apport de trésorerie dont elle va bénéficier après la vente des immeubles de la rue de Cheverus et la dissolution de la SAJIG.

Tous concernés

GSO est une société holding qui n’est pas endettée et qui détient des actifs très importants. Dans le droit fil de ce qui se passe dans nombre d’entreprises, la gestion financière y prend le pas sur le travail des hommes.
Selon ses dirigeants, « l’esprit groupe » n’a pas été bien assimilé par le personnel de l’entreprise qui est prié de laisser de côté la « nostalgie » du temps passé et vivre à l’heure de la « modernité ».
A ce prix là, on comprend que les dirigeants de GSO et les actionnaires majoritaires aient « l’esprit Groupe ».
Tous les salariés de Sud Ouest sont aujourd’hui concernés par ce qui arrive. N’est-il pas l’heure de montrer que tous ensemble, nous avons-nous aussi un esprit de groupe pour défendre nos intérêts dans notre entreprise ?

Le 21 décembre venez nombreux à l’appel de toutes les organisations syndicales !






1:39:10 AM    


Et maintenant, Monsieur Colin ?


L’ensemble des équipes syndicales CGT du groupe EBRA, soutenues souvent par d’autres organisations, et l’ensemble des salariés du groupe, a été amenée à faire grève le 18 décembre au soir, ce qui s’est traduit la plupart du temps par une non-parution des titres du groupe.

C’est la direction générale du groupe qui porte l’entière responsabilité de la situation, créée par son refus de faire aboutir positivement la négociation du 17 novembre à Lyon-Chassieu.
La direction, en abandonnant précipitamment cette réunion, a pensé pouvoir traiter par le mépris les salariés du groupe.
C’est cette attitude patronale qui a entraîné la non-parution.

L’ensemble des salariés, qui ont massivement participé à l’action, exige que la direction générale du groupe a un devoir d’éclairer l’avenir, de relancer les titres, de négocier sur la base des intérêts du personnel et pas seulement sur la seule prise en compte des intérêts de l’actionnaire principal, le Crédit Mutuel, qui vient d’acheter le Républicain lorrain ces derniers jours. L’argent ne manque pas…

La direction du groupe doit au personnel une date, celle de la reprise de négociations centrales.
Sur quelle base ?
  • Nul préalable ne doit être établi par la direction, concernant la fermeture du centre de Saint-Etienne, l’exclusivité des outils informatiques du prépresse qui seraient réservés aux seuls journalistes, le désarmement syndical unilatéral de la CGT, qui devrait a priori remiser au placard ses revendications.
  • Un moratoire doit être établi sur les restructurations, réorganisations et externalisations en cours, de façon à préserver la nature des négociations.
  • La méthode de négociation doit suivre celle établie par l’accord de méthode établi par la branche professionnelle : d’abord l’examen du processus de fabrication et le positionnement des ouvriers du Livre, ensuite les qualifications et formations requises, enfin l’établissement d’un accord d’effectifs, débouchant, le cas échéant, sur le recours au plan de départ établi dans le cadre de la branche.
  • Pour ce faire trois commissions paritaires, sièges éditoriaux, impression, suivi des négociations locales, seront créées, de façon à déterminer les négociations d’entreprise qui en découleront.

Monsieur Colin, avez-vous entendu que les personnels du groupe EBRA n’admettent pas de se rendre à des négociations qui n’en auraient que le nom, basées sur la seule volonté patronale, celle de banquiers désormais dominant dans la presse quotidienne ?
 
Monsieur Colin, le personnel du groupe EBRA attend votre réponse.

Le 19 décembre 2006

12:14:01 AM    


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