L’actualité
autour de la presse écrite, qu’elle soit
nationale, régionale ou même
départementale a été riche en
rebondissements au cours de l’année 2006. La
distribution n’a pas été
épargnée non plus dans ce grand brassage
capitalistique où les profits guident les choix et
où les idées ne font pas partie des
références des patrons de presse. La presse
d’opinion a d’ailleurs beaucoup de mal à
sortir la tête de l’eau.
Nous avons assisté ces derniers mois à une
concentration sans précédent des titres qui
tombent dans les mains des financiers (nous sommes bien loin des
ordonnances de 45).
Si nous en croyons les organes de propagande des patrons la vie de la
presse écrite ne vaut plus le coup
d’être vécue et la distribution, telle
qu’elle est organisée, ferait partie de ce qui
l’accable.
Il n’empêche pourtant qu’une banque dite
mutuelle s’intéresse de très (trop ?)
près aux titres de la PQR et j’ai du mal
à croire que c’est par philanthropie.
La restructuration des entreprises avec l’arrivée
des nouveaux systèmes d’édition a
tendance à estomper les barrières des
métiers, pourtant les tâches existent toujours et
les ouvriers du Livre doivent prendre toute leur place dans ces
nouveaux schémas sans se laisser
déposséder au nom de la fatalité et
d’un pseudo modernisme. Ce n’est pas être
ringard que d’avoir un métier et de vouloir
l’exercer.
En ce qui concerne l’impression, de grandes
manœuvres sont en cours. Il faut absolument rapatrier les
charges de travail suffisantes et obliger les employeurs à
investir dans du matériel performant (en quadri, en
sécheurs, etc.) pour être à
même d’effectuer tous les travaux et ne pas se voir
opposer une inadéquation du matériel à
la demande du marché ce qui permettrait aux
patrons de transférer l’impression vers des
entreprises où le statut des salariés est
inférieur à ceux de la presse.
Nos camarades du groupe EBRA mènent une bagarre, que je
tiens à saluer, pour maintenir le centre
d’impression de Saint-Etienne et pour que la modernisation au
« Progrès de Lyon » se fasse avec eux et
dans le respect des travailleurs et de l’évolution
de leurs métiers.
C’est vrai que tout ça n’est pas bien
réjouissant, mais il y a quand même des points
positifs. Nos camarades de « Sud Ouest » ont
réussi à signer, après trois
années de conflit, un accord NSE avec la reconnaissance
d’une nouvelle qualification : le Technicien
d’édition, chargé de la
réalisation de pages, mais pouvant
également intervenir dans le contenu sur
délégation de la rédaction. Ils ne
sont pas les seuls à mener le combat pour que les
qualifications nouvelles soient reconnues, d’autres
également ont dit non au tout rédactionnel et y
sont parvenus ou sont en voie d’y parvenir.
Il y a aussi un espoir lorsque je vois des camarades, qui,
au-delà des clivages traditionnels, sont en passe de
réussir à faire évoluer des syndicats
de métiers catégoriels en un syndicat regroupant
l’ensemble des salariés des sièges
éditoriaux et un autre rassemblant l’ensemble des
salariés des centres d’impression pour
être plus présents, plus forts et plus
rassembleurs.
Je salue la naissance d’Info’com-cgt et du SIP, et,
puisque c’est le moment des voeux je leur souhaite longue vie
et prospérité.
Je souhaite pour l’année à venir que la
distribution suive l’exemple des deux syndicats
précités et sorte des luttes fratricides,
où l’égoïsme de certains
caciques parisiens bloque l’action et déboussole
les syndiqués, et se dote d’un outil syndical
performant car il est sclérosé depuis plusieurs
années. Mais je n’ai aucun doute sur la
capacité de mes camarades pour rebondir.
Et ce n’est pas vous, mes chers camarades, qui me contredirez
si je vous dis que le particularisme dû à notre
histoire unique oblige à la prise en compte encore plus
effective d’une restructuration dans laquelle chacun pourra
enfin retrouver sa dignité.
Enfin je voudrais commencer cette année sur une note
résolument optimiste et, pour cela, en cette
année 2007, où va se tenir un congrès
important pour notre Fédération, je souhaite,
comme Michel Muller, que la coopération fructueuse entre
l’ANTRAPRESSE et la FILPAC se développe encore
davantage pour le plus grand bien de la
Fédération et de ses syndiqués.
Bonne année à toutes et tous, membres de
l’ANTRAPRESSE ou futurs membres, je vous souhaite
santé, joie et bonheur et comme le disait un vieux camarade
: « La lutte, même si elle est difficile ne doit
jamais être triste. »
Jean-Luc VALEGEAS
Président
de l’Antrapresse