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ASSISES DE LA PRESSE ÉCRITE ET DE LA JEUNESSE 7 MARS 2007- LYON
Graines
de
citoyens,
Oui
!
Graines
de
chômeurs ou
de
précaires,
Non
!
C'est une bonne
chose que l'association Graines de citoyens organise un rendez-vous
annuel de la jeunesse avec la presse écrite d'information
générale. Ces journaux nous sont familiers, nous
y
travaillons, nous contribuons à les réaliser
depuis
toujours.
C'est pour cela que nous
connaissons parfaitement la situation de l'emploi dans la presse.
Nous étions dans
l'action contre le CPE, comme toute la Cgt.
Cette cause était aussi la notre : s'il avait
réussi, le
coup aurait très dur contre tous les
contrats de travail. Mais il en reste, des CPE : ils s'appellent CDD,
CNE, intérim, blocage des embauches, etc. Il faut continuer
l'oeuvre commune, vous et
nous, dans les entreprises.
Voilà pourquoi nous aurions aimé que cette
rencontre se préoccupe aussi de l'emploi des
jeunes.
Car la question cruciale, c'est bien : les jeunes peuvent-ils
espérer un emploi, stable et durable, dans la presse,
qu'elle
soit imprimé ou en ligne ?
Beaucoup d'entre vous veulent devenir journalistes, beaucoup d'entre
vous fréquentent Internet, ses sites d'informations, ses
blogs.
Les experts en marketing vous appellent même les digital natives,
ceux qui sont nés dans le numérique. Des
vocations, des
intérêts, des passions sont
nés pour
l'information et ses métiers.
Yaurez-vous
accès ?
À nous, les salariés de la presse, les
propriétaires nous disent quiÌ?il faut
considérer
l'information comme une marchandise, que tout est lié
à
la rentabilité de l'entreprise de presse, que le seul juge
de la
qualité d'un journal, c'est ce qu'il rapporte à
ses
propriétaires. Ce naufrage de la presse dans le
marché
est mondial, et bien français, aussi.
Voilà pourquoi, comme chez Airbus et Alcatel, en guise de
mesures de redressement de la presse, les responsables patronaux
pratiquent une réduction systématique d'effectifs
salariés au nom d'un hypothétique redressement
des
ventes.
Evidemment,
ça
ne marche pas.
C'est pourtant ce que
Laurence Parisot, leader du patronat (Medef)
appelle "réenchanter le monde" : faire de la presse une
marchandise très ordinaire.
Bientôt en Bourse, comme l'Olympique Lyonnais ? Cette
pratique
d'élimination du savoir-faire des salariés se
développe au nom de divers arguments. Les
restructurations, bien sûr, y tiennent une grande place, tant
les
titres sont groupés désormais dans quelques
groupes
dominants obsédés par la profitabilité
des
entreprises.
Le Crédit Mutuel pour le groupe Ebra (Le Progrès
de Lyon,
L'Est républicain de Nancy, le Dauphiné
libéré de Grenoble, en tout 11 des 37 titres de
presse
régionale), Rothschild (pour Libération),
Bolloré
(pour les gratuits DirectSoir et MatinPlus avec Le Monde), Bouygues TF1
(pour Metro avec le suédois Kinevik), Ouest-France (pour 20
Minutes avec le norvégien Schibsted), autant de forces
nouvelles
et traditionnelles qui espèrent compresser au maximum la
masse
salariale pour faire de ces sociétés
d'information des
centres de profit.
Le prétexte technologique va bon train pour expulser les
salariés des entreprises : hier c'était
l'informatisation, aujourd'hui la grande migration vers le
numérique. Le rythme des innovations techniques guide celui
des
plans sociaux.
Pas un métier, du journaliste au distributeur, n'est
à
l'abri de cet argument numérique,
présenté comme
inéluctable fauteur de licenciements.
Pourtant, ni Internet ni
les ordinateurs ne commandent ! Ce sont bien
les employeurs, les actionnaires qui détiennent le pouvoir.
Nous voyons les choses autrement.
I
Nous revendiquons que le départs des plus ancien soient
remplacés par les arrivées des plus jeunes.
I Nous
voulons que le contrat de travail soit le CDI de façon
systématique.
I Nous
nous adressons en permanence aux éditeur de journaux pour
qu'ils créent des emplois.
I Nous
estimons que la qualité de l'information, en lignou sur
papier imprimé, exige plus de salariés
formés, qualifiés sur des métiers
sûrs et reconnus.
I Nous
nous battons, avec toute la Cgt, pour que le travail salarié
soit encadré par un statut stable, dans lequel le recours au
licenciement doit être exceptionnel, et non la
règle comme aujourd'hui.
I Nous
voulons faire du risque de ne pas trouver d'emploi, ou de le perdre, un
risque social et non une aventure individuelle.
Voilà ce que nous entendons par
sécurité sociale professionnelle.
I Nous
n'acceptons pas que l'information soit jouée en Bourse,
à l'exemple des grands quotidiens américains, et
qu'elle fasse l'objet d'investissements qui l'orientent vers la
marchandisation finale.
I Nous
regardons les gratuits d'information générale
comme des quotidiens qui doivent respecter les mêmes
règles sociales et déontologiques que les
quotidiens payants.
I Nous
pensons que l'Etat, comme la loi constitutionnelle l'y oblige, doit
intervenir pour garantir non seulement la qualité de
l'information mais également son pluralisme,
c'est-à-dire une offre suffisamment diversifiée
de journaux d'opinion différente, et un respect de cette
diversité sur internet, comme dans les radios et les
télés.
I Le
syndicalisme que nous pratiquons a deux tâches : l'emploi,
son développement, sa rémunération,
bien sûr.
Mais aussi, de façon indissociable, la bataille
démocratique pour promouvoir le pluralisme de la presse,
sous toutes ses formes, en ligne ou sur papier.
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Pour mener
ces tâches à bien,
nous
avons besoin de vous.
L'information, sa
qualité, le respect du pluralisme, sont une belle cause, et
c'est aussi la nôtre. Elle vaut bien des emplois dans les
sociétés de l'information.
On y travaille ensemble ?
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Gardons le contact
(la Filpac-Cgt est
présente dans toutes les entreprises de presse)
Le site : www.filpac-cgt.fr
Le mail : filpac@filpac-cgt.fr
Le téléphone : 01 48 18 80 24
Le fax : 01 48 51 99 07
L'adresse: Filpac-Cgt, 263 rue de Paris, case 426, 93514 Montreuil cedex
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