COMITE
INTER CGT
LA
DIRECTION DU MONDE
CHOISIT
LA POLITIQUE DU PIRE
Le
4 avril dernier le conseil de surveillance du Monde prenait la lourde
responsabilité d’initier des pratiques
jusqu’alors inconnues dans la profession : la mise en place
d’un plan de licenciements secs et drastique
s’appliquant à des salariés
régis par des champs conventionnels différents.
Cette
offrande faite aux éditeurs de presse - qui n’en
attendaient pas moins - risque de devenir dans les mois qui suivent la
seule alternative proposée aux journalistes, ouvriers,
cadres et employés de presse quotidienne nationale,
régionale et départementale.
Les
représentants de la Société des
Rédacteurs du Monde, au nom
d’intérêts particuliers, soutenant sans
réserve le plan de la direction placent l’ensemble
de leurs confrères dans une spirale infernale : les
licenciements secs vont-ils devenir la règle pour les
journalistes des autres entreprises de presse ? Si cela devient
possible au journal Le Monde – garant d’un
modèle social avant la présentation de ce plan
– les ardeurs d’industriels
propriétaires de groupes de presse considérant
cette activité comme une valeur marchande au même
titre qu’une autre vont se décupler.
Pour
contrer ce plan inique, dépassant le simple cadre du Monde,
l’attente des salariés vis-à-vis des
organisations syndicales était immense. Après
cinq semaines d’une lutte sociale historique dans le groupe
Le Monde, les salariés de tout horizon professionnel
s’étaient mobilisés dans un mouvement
syndical unitaire autour de ces deux axes indéfectibles :
non aux licenciements secs et non aux cessions des filiales du groupe.
Force
est de constater que l’accord cadre paraphé jeudi
dernier par l’intersyndicale CFDT, SNJ et une partie de la
CGT (SGL-CE et BP-UFICT) avalise le souhait de la direction
du Monde pour mettre en œuvre son plan « CSP +
» entérinant dans un premier temps des
départs volontaires, assortis de licenciements secs,
d’externalisation de services et la cession de plusieurs
filiales du Pôle Magazine (les titres magazines de Fleurus
Presse, Danser, Les Cahiers du Cinéma et des librairies La
Procure). Cette responsabilité prise par
l’intersyndicale s’appuyant sur un vote de
89 salariés alors que la SEM regroupe 584
salariés, évinçant le vote des
personnels du pôle magazine pose de fait un réel
problème démocratique.
De
plus, la signature de cet accord ne garantit en rien
l’épouvantail agité depuis de nombreux
mois par les représentants de la SRM et le Conseil de
surveillance d’une possible recapitalisation du groupe Le
Monde par Lagardère et Prisa, ceux-ci guettant depuis
longtemps le moment propice.
Le
Comité Inter CGT et les représentants
d’Info’Com-Cgt n’ont eu de cesse de
promouvoir d’autres solutions en prônant, par
exemple, une gestion prévisionnelle des emplois et des
compétences - solution rejetée à la
fois par l’intersyndicale signataire de l’accord et
la direction du Monde dans un même élan - pourtant
seule à même de pouvoir contrer les
velléités de directions ne comprenant le dialogue
social que par le seul prisme des plans de licenciements.
Le combat
qui s’engage aujourd’hui dans la profession est
vital. Il décloisonne les corporatismes d’un autre
âge plaçant l’ensemble des
salariés, quelque soit le champ conventionnel, dans le
viseur d’éditeurs décidés
à en découdre pour anéantir statuts,
droits et acquis sociaux. Les salariés de la presse
quotidienne nationale, régionale et
départementale n’ont d’autres choix que
d’unir leur force pour contrer cette déferlante
annoncée.
Paris, le
20 mai 2008