PQR-PQD
: Parlons vrai
Le communiqué publié ce jour par le SPQR (
voir ci-dessous),
s’il se termine par une minuscule porte ouverte à
une rencontre
paritaire prochaine, n’en reste pas moins ambigu, voire
mensonger.
Comment
ce syndicat peut-il en effet prétendre «
réaffirmer sa volonté de
maintenir un paritarisme de qualité à travers des
négociations
nationales notamment au plan salarial » et
parallèlement tout faire
pour que les négociations paritaires nationales sur les
salaires 2008
capotent ?
Rappel des
faits :
Le 8
février,
réunion paritaire nationale sur le bilan de la politique
salariale
2007. Le bilan est très défavorable aux
salariés qui ont accumulé 0,9 %
de retard sur l’inflation. Malgré les
tergiversations patronales, un
accord est signé avec un rattrapage de 0,9 % au 1er
février 2008.
Le 27 mars,
lors de la première rencontre sur la politique salariale
2008, le SPQR
n’avait rien à proposer si ce n’est un
exposé sur la situation
économique des entreprises de presse. Ce n’est que
parce que le ton a
monté que nous avons obtenu 0,5 % au 1er avril avec une
nouvelle date
de rencontrefixée au 29 avril.
Le 9 avril,
échec des négociations salariales en PQD qui se
soldent par une
recommandation patronale de…0,5 % au 1er avril et 0,9 % au
1er
septembre.
Le 29 avril,
le
SPQR a fini par avouer clairement son intention d’en finir
avec
l’indexation des salaires sur les prix et a
confirmé cette position de
principe par une proposition de 0,9 % au 1er juin avec une
réunion de «
bilan » fixée en septembre.
Il aura fallu la réaction immédiate
des équipes de presse pour que soit initiée par
le SPQR la réunion du
13 mai où, craché, juré, il allait
faire de nouvelles propositions.
Las, le
13 mai,
non seulement il n’y eut pas de nouvelle proposition du SPQR,
mais
celui-ci, visiblement divisé en interne sur
l’attitude à tenir face aux
organisations syndicales, a finalement opté pour la
méthode dure en
décrétant unilatéralement une
recommandation patronale de 0,9 % au 1er
juin, rompant ainsi au passage avec le paritarisme et les accords de
branche. Là encore la réponse des
salariés de la presse ne s’est pas
fait attendre avec la non-parution de la quasi-totalité des
titres
PQR-PQD. Dans le même temps, une démarche unitaire
au plan national,
avec l’ensemble des organisations syndicales, a
été initiée afin de
monter d’un cran le niveau de la mobilisation dans les
entreprises.
Cette démarche a largement été reprise
au plan local dans les
entreprises aboutissant, dans la plupart d’entre elles,
à des
assemblées générales unitaires, toutes
catégories confondues.
Intentionnellement,
depuis le début de ce conflit, le SPQR fait une
présentation erronée
des raisons de ce mouvement national de grande ampleur. En amalgamant
le rattrapage 2007 de 0,9% et les propositions du SPQR, il essaie de
faire passer comme honorable la position du syndicat patronal. Or, le
SPQR n’a signé que 0,5% en avril pour
2008, et ne recommande (sans obligation d’application) que
0,9% en juin
alors que l’augmentation estimée du coût
de la vie approche déjà les
3,8% (base INSEE). C’est cette attitude du SPQR qui est
apparue
clairement comme une provocation.
C’est donc bien le SPQR qui est
à la fois à l’origine de la rupture de
la négociation salariale et du
conflit. Verser des larmes de crocodiles sur le coût des
non-parutions
ne changera rien à cette réalité.
La
FILPAC est évidemment disposée à une
nouvelle rencontre de négociation
sur les salaires 2008 dans les prochains jours. Elle
privilégie la
démarche unitaire en cours, en ayant pour ambition
d’obtenir à un
accord paritaire de branche qui ne fasse pas payer aux
salariés des
entreprises de la presse quotidienne régionale et
départementale les
effets du retour de l’inflation.
Paris le 29 mai 2008
COMMUNIQUE
DU SPQR
La
Presse Quotidienne Régionale fait face depuis quelques
années à un
bouleversement progressif mais irréversible du mode
d'exploitation des
sociétés éditrices qui
dégrade durablement la situation économique de
la plupart d'entre elles et qui nécessite la mise en
œuvre d'une
politique sociale adaptée au nouveau modèle
économique.
Dans ce
contexte, le Syndicat de la Presse Quotidienne Régionale
réaffirme sa
volonté de maintenir un paritarisme de qualité
à travers des
négociations collectives nationales, notamment au plan
salarial.
Cependant, ces négociations, pour aboutir, doivent
nécessairement
prendre en considération la nouvelle
réalité économique de la branche.
Le
SPQR conteste formellement les termes du communiqué
intersyndical du 20
mai 2008 selon lesquels il aurait initié la rupture de la
négociation
salariale nationale.
Il a fait, le mardi 13 mai dernier, une
proposition d'accord équivalente à celles
signées dans les autres
secteurs de presse quotidienne, mais supérieure à
celles faites dans
d'autres formes de presse ou secteurs d'activité
n'appartenant pas à la
presse (à savoir en plus du rattrapage de 0,9 %
réalisé en février,
0,5% d''augmentation en avril et 0,9% proposé en juin). Il a
également
proposé de poursuivre les négociations. Il a
ainsi confirmé qu'une
nouvelle réunion paritaire se tiendra en septembre 2008 pour
négocier
un palier salarial complémentaire au titre du second
semestre.
Le
Syndicat de la Presse Quotidienne Régionale reste ouvert
à une nouvelle
rencontre paritaire afin d'explorer les voies d'une issue positive au
conflit social actuel. Celles-ci vont être d'autant plus
délicates à
trouver que les non parutions de ces dernières semaines
n'ont fait
qu'aggraver la situation financière des entreprises.
Le succès de
cette réunion suppose que chacun ait bien
étudié la situation et les
enjeux majeurs qui ne sauraient faire abstraction de la
réalité
économique et sociale de nos entreprises et des
salariés qui la
composent.
Fait à
Paris, le 29 Mai 2008